11.11.2006

Deuxième Chance

Ce n’est plus une nouvelle, Second Life est devenu, en l’espace de quatre ans THE place to be. Situation paradoxale pour un espace… virtuel ! Depuis 2002, ce nouveau monde s’est développé de manière exponentielle, créant une économie parallèle via le linden dollar. Mais plus encore, le jeu permet désormais de se dédoubler, via un avatar virtuel. Créer une nouvelle image donc, mais aussi et surtout développer sa notoriété.

 

Les experts l’ont toujours dit : il faut suivre le client sur le Net, puisque c’est là qu’il se trouve désormais. Des artistes, comme Lili Allen ou les Artics Monkeys l’ont bien compris, en créant de véritables buzz grâce à Myspace.com. Désormais, les jeunes artistes tout comme les bonnes vieilles rock-stars ont un nouveau tremplin : Second Life. En manque de reconnaissance ou dans le creux de la vague médiatique, tous peuvent dorénavant se créer un avatar scénique ayant la possibilité d’accorder des interviews ou même de participer à des concerts ! On a ainsi vu U2 asseoir son image de groupe branché en effectuant un show ou encore Suzanne Vega tentant de revenir sur le devant de la scène via ce nouveau média. Une véritable aubaine pour les artistes qui n’ont plus à passer par la presse pour être visible, entrant dans une sorte de direct marketing, version troisième millénaire, court-circuitant encore un peu plus le système presque obsolète des classiques relations-presse...  


Second Life : nouveau moyen de communication ? Cela parait évident, tant le nombre de connecté par jour est élevé. Ainsi, après Myspace, SL deviendrait un nouveau moyen de communiquer efficacement. Les entreprises qui veulent évoluer avec leur temps vont devoir s’implanter dans ce monde parrallèle pour rester dans le coup. Car parlons-en ! Tout centime dépensé sur Second Life étant débité sur un compte « réel », c’est une véritable économie parallèle qui se développe, incitant des entreprises aussi diverses qu’IBM à American Apparel en passant par Audi ou encore Procter&Gamble à se plonger dans cette nouvelle manne financière. Justin Bovington, un des consultants de l’agence RiversRunRed parle même de Second Life comme un média qu’il faudra à partir de maintenant absolument prendre en compte dans son media planning. Un avatar bien avisé du nom de Leo Burnett vient d’ailleurs d’ouvrir la première agence de publicité virtuelle.

26.09.2006

Drop the Drips

A Bordeaux, un crew s'est récemment fait remarqué par ses drippings sur les vitrines de grandes enseignes. Sud Ouest, trouvant d'abord l'idée malicieuse, en fit sa Photo du Jour. 

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Pas au goût de tout le monde, ces drippings, puisque récemment, les deux "malicieux taggeurs" viennent d'être arretés et mis en garde à vue.

 

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 De "joyeux taggeurs" qui se transforment, l'espace d'un volte-face rédactionnel, en sales "gribouilleurs". 

Pour lire l'article, c'est ici

 

Les graffiti font polémiques, ce n'est pas nouveau. Né dans les années 80, ce phénomène prend vite une ampleur mondialement incontrôlable. Art pour certain, pur vandalisme pour d'autre, le "tatouage de murs" se voit tout de suite condamné à s'effectuer sous l'éclairage lunaire ; ce qui devient d'ailleurs une de ses composantes fondamentales. "Dans ce milieu, la reconnaissance s'obtient autant par la trangression de l'interdit que par la qualité du style", explique Marc -Aurèle Vecchione, un des tout premier graffeurs parisiens.

Les moeurs, par le biais des médias, ne semblent pas décidées à évoluer. Pour preuve : Vecchione vient de réaliser un film retracant l'épopée parisienne du graffiti dans les années 80. On ne le verra que sur France O, puisqu'il a été refusé par toutes les autres chaînes. 

Le graffiti, un sujet polémique, un acte encore tabou aux XXIème siècle.  

 

 Writers, ving ans de graffitis à Paris - Mardi 26 octobre à 20h45, France O

19.07.2006

Halées, les blanches !

En ce moment, sur nos petits écrans, passe une publicité pour la marque Garnier (Campagne "prend soin de toi"), ventant les mérites d'une crème solaire spéciale peaux sensibles. Etant personnellement touchée par le problème "peau sensible", je suis une cible idéale. Et pourtant, dans ce spot, je ne me reconnais pas. Quand je vois ce couple, se passant de la crème indice 50, sur leur peau particulièrement halée, pour ne pas dire bronzée, je suis à la limite de la revolte. Je ne devrais pas, cela n'a rien d'extra-ordinaire. Les peaux blanches ne sont ni glamour ni photogénique, alors même pour vanter les mérites d'une crème solaire Indice 50, on nous présente des mannequins bronzés. C'est normal.

Il y a ce paradoxe dans notre societé. Une representation paradoxale des êtres humains. Divisons les programmes TV en deux parties : la publicité et le reste. D'un côté, il y a donc cette representation parfaite des hommes, une sorte d'image-dicktat où l'esthetique est la valeure forte. Et d'un autre, il y a tous ces hommes et femmes, extraits du monde "réel", complètement à l'opposé de ces esthètes quasiment iréels, sortes de fantômes hantant la petite lucarne que l'on ne rencontre jamais "en vrai".

Pour Roland Barthes, les photographies du studio Harcourt illustrent bien cette volonté de placer l'acteur dans un monde autre que celui du commun des mortels : "l'image olympienne d'un acteur qui a dépouillé la peau du monstre agité, trop humain, et retrouve enfin son essence intemporelle." 

Mais au fond, il faut bien entretenir l'espoir. Creuser un fossé entre les uns et les autres, et donner l'espoir aux uns qu'un jour ils pourront rejoindre les autres.. 

 

11.07.2006

Set & Match

Cet été, dans les médias, on opte pour les congés forcés!

    Un triste mois de juin sonne le glas pour Libé et Paris Match. Un mois de juin lapidaire donc, où dans un pays qui se veut démocratique, la pression politique et économique pèse encore plus lourd que l'humble liberté d'expression. Alain Genesard en a fait les frais, en publiant les photos de Cécilia Sarkozy avec une personne présentée comme son amant du moment.

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    Son mari officiel n'ayant pas vraiment apprécié et occupant la fonction de Ministre de l'Interieur, c'est sans ménagement que le rédacteur en chef de Paris Match s'est vu évincé de la rédaction, à la fin du mois de Juin. Un éviction qui sonne comme un pied de nez, dans notre actualité politique chargée, justement, en images politiques. C'est à celui qui sera le plus présent médiatiquement, que l'on verra le plus. Mais attention, il faut que l'image soit contrôlée et validée, que l'entretien soit préparé, que le discours soit pré-maché. A l'heure où ce ne sont plus les idées qui comptent mais seulement la personnalité et le corps de l'homme politique, quand le contrôle échappe, il faut sanctionner pour garder la face et sauver... son image.  

   medium_july.jpg Serge July, lui aussi, vient de tomber. Dernier pillier d'un édifice déjà en difficulté, le rédacteur en chef de Libé s'est donc vu évincé par le très riche Edouard de Rotschild (38 % du capital) qui refusait d'injecter de nouveaux capitaux tant que July occuperait toujours ses hautes fonctions. La Presse, déjà mise en difficultée par la rapidité du média télévisuel et acculée par l'arrivée des gratuits, voit son indépendance rédactionnelle encore un peu bafouée par tout le poids que le marché économique pèse sur ses dirigeants. 

Pour sa dernière emission, Thierry Ardisson, lui aussi poussé au départ de France 2 par Patrick de Carolis, avait donc invité tous ses amis sur le plateau de son programme phare "Tout le monde en parle". Frederic Beigbeder, évoquant les deux affaires énoncées précedemment, se demandait si toutes ces évictions n'avaient pas de rapport avec les présidientielles approchant à grands pas. Il a été étonnant de ne pas entendre Ardisson abonder dans son sens.

05.07.2006

Bonheur & Tremblements

Le mercredi 5 juillet a été une bonne journée pour le moral du peuple français. Toutes les Segolène, tous les Nicolas, tous les Dominique, dans tous leurs efforts ces derniers temps pour nous faire oublier la morosité ambiante n'auront pas réussi à amener une telle ferveur, une telle communion parmis la nation.

La date était attendue chez les hommes. La France en demi-finale, de quoi faire bouillir la testosterone française devant ses écrans ! La victoire en aura ravi plus d'un... Et certainement notre cher Villepin national, notre coach à tous, qui s'est empressé de donner ses réactions "à chaud", en direct du carré VIP et une petite echarpe autour du cou (parce qu'il le vaut bien), histoire retrouver la cote auprès de son équipe à lui : les français.

La date était attendue chez les femmes aussi. Les soldes d'été, de quoi faire trembler tout un porte-feuille et de nombreux banquiers. Quand plusieurs d'entre elles annoncaient un budget moyen de 300euros, certaines dupaient sans vergogne leurs maris, beaucoup trop occupés à se peinturlurer le visage de bleu-blanc-rouge plutôt que de vérifier si le 38 était mieux que le 40.

Ainsi, le mercredi 5 juillet fut un jour heureux pour le peuple français. Le corps des unes ravissant le coeur des autres, la performance des autres ravissant le coeur des unes. Joie de la compulsion ou bonheur de la victoire : une chose est sûre, ce soir, la France s'endort ravie.